Bestiarius, la quête de la liberté

Bestiarius

Bestiarius nous plonge dans un monde fantastique où des créatures légendaires côtoient des soldats de l’Empire romain. Retrouvez ma chronique sur le récit d’hommes, de femmes et de créatures en quête de liberté.

> I N F O R M A T I O N S

Bestiarius (闘獣士 ベスティアリウス) est un shônen en 7 tomes de KAKIZAKI Masasumi éditée par Kazé en 2015. Il est aussi l’auteur de Rainbow, Green Blood, Les amants sacrifiés et Hideout.

> R É S U M É

Ier siècle après Jésus-Christ, l’Empire romain est à son apogée et ses légions soumettent une à une les dernières contrées où monstres et humains vivent encore en paix. Criminels, innocents, orphelins, demi-humains, wyvernes… Tous constituent les rangs d’esclaves guerriers jetés dans l’arène et forcés de s’entretuer pour divertir la foule romaine avide de sang et son Empereur : Domitien. Parmi ces combattants se trouvent des gladiateurs qui affrontent fauves et créatures légendaires : on les appelle les « Bestiari ». Or, certains d’entre eux, comme Finn ou Zenon, ont été élevés aux côtés de ceux qui, aux yeux de Rome, ne sont que de simples bêtes, et ils comptent bien retourner leurs armes contre leurs geôliers… et même contre l’Empire tout entier !

> C H R O N I Q U E

Le schéma scénaristique de Bestiarius est très particulier, au lieu de suivre un seul personnage, on en suit plusieurs à des moments différents qui ont tous un lien entre eux à un moment donné. Le récit s’étale sur plusieurs années, je dirais même plusieurs dizaines d’années. J’ai retrouvé ce même schéma sur une lecture que j’ai lu il y a peu, Wolfsmund. Où là aussi on suivait plusieurs personnages qui avaient tous une même cause à cœur. Dans Bestiarius, on commence donc par la rencontre avec les différents personnages pour à la fin les rassembler pour une cause commune.

Une Rome fantastique

Bestiarius se base sur un contexte historique bien connu, l’Empire Romain, mais avec quelques extravagances, des créatures fantastiques. Ainsi le peuple humain côtoie des wyvernes, des elfes, des chimères, et d’autres créatures. Celles-ci ne sont pas vraiment acceptés comme des citoyens mais plutôt comme des esclaves. L’histoire se concentre surtout sur les gladiateurs et leurs combats dans l’arène ainsi que leurs souhaits de liberté. En parallèle des gladiateurs qui rêvent de leur liberté, il y a l’Empereur Domitien qui ne pense qu’à massacrer tout ceux qui s’opposent à ses désirs. De peur de se faire renverser un jour où l’autre, il mène plusieurs fois son armée contre Finn et ses alliés.

La quête de liberté

Dans une civilisation divisée, Kakizaki met un point d’honneur à avoir des protagonistes qui acceptent tout le monde sans distinction de race. Finn considère Durandal, une wyverne, comme son propre père. Zénon et Talos le minotaure ont grandi comme des frères de sang. Arthur a des amis venant de tout horizon. Tous se battent pour une seule chose : la liberté. Chose que n’accepte pas Domitien, l’Empereur, car il pense que Finn et les autres veulent sa mort à tout prix. Alors qu’ils n’aspirent qu’à vivre tranquillement leur vie loin de Rome.

Des points de vues différents

L’histoire prend le partie des gladiateurs et des populations opprimées. L’Empereur et le peuple romain sont donc considérés comme les envahisseurs par le récit. Mais ce n’est pas le cas de Lucius Dias, un soldat romain, qui pense être dans le droit chemin vu qu’il suit les ordre de l’Empereur. Sauf qu’au fur et à mesure, il remet en question tout ce qu’il croyait être juste et apprend à ses dépends que ce ne sont pas les barbares qui cherchent à anéantir Rome, mais bien Domitien qui rêve de les anéantir pour son plaisir personnel et par peur de représailles. En clair, les envahisseurs, c’est Rome. L’évolution de ce personnage se fait petit à petit et sa prise de conscience va le mener directement dans les arènes où il devra survivre pour garder sa famille en vie.

« J’ai tué un homme qui souhaitait la paix plus que quiconque. »

Bestiarius, un chef-d’œuvre parmi d’autres

Comme toutes les œuvres de Kakizaki Masasumi (Rainbow, Green Blood), Bestiarius se hisse lui aussi à la position de chef-d’œuvre. L’auteur nous transmet tellement de choses inspirantes qui arrivent dans les larmes, le sang et la sueur. Il faut se battre pour ce que l’on veut. On retrouve le trait caractéristique de l’auteur qui sublime le récit et la profondeur des émotions des personnages.

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