Le nouvel Angyo Onshi nous emmène avec lui à travers le monde pour sauver le peuple asservi par des gouverneurs peu scrupuleux. Retrouvez ma chronique sur la quête d’un homme qui a tout perdu dans ce monde.
> I N F O R M A T I O N S
Le nouvel Angyo Onshi (新暗行御史) est un seinen en 17 tomes de Youn In Wan (scénario) et Yang Gyeong Il (dessin) éditée par Pika en 2003. Youn In Wan est aussi le scénariste de Island, Burning Hell, et Defense Devil. Yang Gyeong Il a également dessiné Area D, Island, Burning Hell, et Defense Devil. Une nouvelle réédition est en cours chez Pika.
> R É S U M É
Il était une fois un royaume appelé Jushin. Les Angyo Onshi étaient des agents secrets de ce royaume. Ces représentants de l’empereur voyageaient incognito à travers le pays, punissant les gouverneurs injustes et secourant les plus démunis. C’était, en quelque sorte, des justiciers officiels. Mais un jour, le royaume de Jushin disparut. Aujourd’hui, un Angyo Onshi solitaire parcourt ce pays à la dérive.

> C H R O N I Q U E
Le nouvel Angyo Onshi est une histoire assez particulière où réalité et fiction s’entremêlent. Le récit décrit très bien les mauvais côtés du pouvoir de la politique où certains gouverneurs du pays profitent un peu trop de leurs positions pour asservir les faibles. Et en même temps, le récit à un côté fantastique avec la présence de créature démoniaque ou bien encore des Angyo Onshi qui possèdent différentes formes de pouvoirs magiques. Pourtant la magie n’est pas un élément central de l’univers vu que très peu de personnes en possèdent.
Le nouvel Angyo Onshi, ce anti-héros
Mun-su, le personnage principal du récit, est devenu Angyo Onshi à la suite de la chute de son royaume, le Jushin. Il parcourt le monde pour tenir une promesse faite à son ancien ami. Lors de ses pérégrinations, il lui arrive de sauver des villages asservi par des gouverneurs peu scrupuleux. Mais il ne le fait pas de manière héroïque mais plutôt comme quelqu’un qui essaye de ramener les gens à la dure réalité. Ce n’est pas un miracle, c’est un hasard qu’il fut là au bon moment. Mun-su ne peut pas sauver tout le monde, et pendant qu’il est occupé à un endroit, ailleurs des gens meurent. Il ne se considère pas comme un sauveur et ses méthodes sont parfois limites pour tromper non seulement l’ennemi mais les victimes.
Une intrigue qui s’installe petit à petit
Au début de la lecture des premiers tomes, on ne sait pas où l’histoire nous mène. L’intrigue se dévoile petit à petit nous montrant que tout tournera autour de la chute du royaume de Jushin. Complots politiques, influences des démons, amour non réciproques et des choses du passé qui ont un impact important sur le futur, tout cela construit l’histoire du Nouvel Angyo Onshi. Malgré un départ un peu lent, l’histoire est de plus en plus prenante à mesure qu’on avance dans les tomes. Il y a parfois des moments un peu creux sans vraiment d’explications ou de justifications par rapport à l’histoire.
La fin du Nouvel Angyo Onshi
Sans rentrer dans les détails en ce qui concerne la fin et le dénouement, j’ai trouvé que tout ce qu’il y a autour de Ajite et de son ascension particulièrement flou. J’ai eu du mal à comprendre ses motivations et ses envies, du pourquoi il a voulu en arriver là ? De même en ce qui concerne son lien particulier avec Mun-su, la fin n’explique pas concrètement ce qu’il y a entre eux. Le récit reste trop en surface des choses en ce qui concerne ce point. De ce fait, on a un peu l’impression d’une œuvre inachevée car les intentions de l’auteur ne sont pas claires. Il existe un tome supplémentaire qui se nomme Le nouvel Angyo Onshi, les origines et développe certains passages ou personnages de l’histoire.
Des personnages principaux variés
Mun-su est un personnage fondamentalement bon même s’il laisse paraître le contraire. Il prend soin de ses compagnons comme des soldats qu’il avait sous ses ordres dans le passé. C’est également une personne intelligente et réfléchie. Il agit très rarement dans la précipitation. Mun-su est le personnage principale du trio de l’histoire, accompagné de Sando sa garde du corps et de son écuyer. Sando est un personnage très mystérieux et même si on en apprend plus sur son passé, ses origines restent floues. Quant à l’écuyer, c’est typiquement le personnage qui veut faire de son mieux mais qui fait parfois plus de mal que de bien. En soit l’expression « l’enfer est pavé de bonnes intentions » est faite pour lui. Il est parfois désagréable et énervant, mais au fond c’est quelqu’un de bon qui essaye de changer le monde à sa façon.
Des personnages ni bon ni mauvais
Il y a des personnages secondaires importants qui marquent les esprits et l’histoire et parfois il y en a d’autres qui n’ont pas grandement d’intérêts, je pense notamment à Miss Fang. Les personnages ne sont pas linéaire dans leurs parcours et sentiments. On les voit changer, parfois d’une mauvaise façon, parfois d’une bonne façon. En soit, ils sont inconstants, comme tout individus. Ils réfléchissent à leurs actes et font un choix qui leurs correspondent à un moment précis, même si parfois ils le regrettent et changent de voies. C’est ainsi que certains passent du camp des « méchants » au camp des « gentils » et inversement.
Des messages subtiles sur notre société
Grâce à eux, ils mettent en lumière quelque chose qu’on ne comprend pas forcément tout de suite. Les hommes, de manières générales, ont besoin d’un leader, de suivre quelqu’un, quelques soit ses objectifs, qu’ils soient bons ou mauvais. Le simple fait de pouvoir suivre quelqu’un et de se donner pour lui suffit aux Hommes et notamment aux soldats. C’est là qu’on s’aperçoit de toute la subtilité des guerres depuis toujours. Les soldats suivent un leader, pas des idées ou des convictions. C’est lorsqu’ils commencent par réfléchir par eux-mêmes qu’ils se rendent compte de leurs erreurs et qu’ils décident de suivre ce qu’ils leurs semblent juste. Mais cela n’est pas à la portée de tous.
Le nouvel Angyo Onshi, le manhua japonais
En conclusion, c’est une œuvre intéressante avec un très beau coup de crayon qui permet de réfléchir sur l’impact de la politique sur le peuple. Je suis juste un peu ennuyée par l’imprécision du côté fantaisie de l’œuvre où les explications se font rares et trop brouillonnes pour comprendre pleinement les enjeux.



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