Les royaumes carnivores, une critique de la société

Les royaumes carnivores

Les royaumes carnivores dépeint avec pertinence et cruauté les vices d’une société souillée par le pouvoir et le plaisir. Retrouvez ma chronique sur la révolte que mène Buena pour renverser ce monde et enfin trouver la liberté.

> I N F O R M A T I O N S

Les royaumes carnivores (ヤスミーン) est un seinen en 3 tomes de HATA Yui éditée par Akata en 2017.

> R É S U M É

Dans un monde dirigé par la tribu royale, la famille des Lions, les carnivores règnent d’une main de fer sur les autres espèces animales. Véritables tortionnaires sans pitié, ils ne considèrent les espèces végétariennes que comme leur nourriture évidente. Et si la tribu des gazelles de Thomson est épargnée, c’est pour une seule et unique raison : les lions n’aiment pas le goût de leur chair. Asservies au rang d’esclaves, les gazelles servent hélas trop souvent de défouloir à la colère de leurs maîtres. Un jour, face à tant cruauté et à la tyrannie, Buena, jeune gazelle de Thomson, décide de se lever ! Commence alors son voyage, sa quête … à la recherche de la dernière guépard blanche de son espèce, la seule à pouvoir l’aider dans sa lutte.

Les royaumes carnivores

> C H R O N I Q U E

L’histoire est très originale et reflète notre société actuelle où les plus puissants dominent les plus faibles. Le fait que les personnages soient tous des animaux renforce la critique de la société, cela a plus d’impact car les animaux sont classés de façon hiérarchique depuis la nuit des temps, herbivores et carnivores. Alors que les humains sont censés être sur un pied d’égalité, vu qu’on fait tous partie de la même race.

L’inégalité dans la société

Dans Les Royaumes Carnivores, les espèces ont évolués, ils sont pour la plupart devenu bipèdes et cela renforce encore plus l’humanisation des personnages. De plus, les lions ont asservis les gazelle de Thomson en échange de nourriture et de protection. Ces gazelles peuvent en effet vivre une vie paisible sans penser aux prédateurs mais en échange ils ont donnés leurs âmes et leurs fiertés aux prédateurs. De plus, les lions ont développés une fascination pour la qualité de la viande, ce qui entraine une baisse importante de certaines espèces.

La révolution des faibles

Tout au long du récit, nous suivrons la révolte d’une gazelle de Thomson, Buena, et qui commence à prendre conscience que servir les lions n’est pas une vie digne de ce nom. Buena représente les faibles qui veulent se lever contre les forts. Même si il n’a pas de pouvoir seul, il essaye de rassembler un maximum de monde pour enfin venir à bout de la tyrannie de la tribu royale. Cette dernière est sans pitié et cruelle ! Ils n’hésitent pas à manipuler d’autres tribus pour parvenir à leur fins quitte à tuer quelques individus pour instaurer un climat de terreur et d’obéissance. L’auteur utilise le règne animal pour dépeindre la société humaine et ses travers. En utilisant le monde animal, la critique sociétal a plus d’impact pour le lecteur car il ne s’identifie pas directement. Il peut alors voir clairement les travers de la tribu royale et les superposer à sa société actuelle.

L’habit ne fait pas la gazelle

Les personnages sont complexes, ainsi une espèce faible n’est pas forcément gentil et inversement. Individuellement, les espèces ne veulent pas se révolter contre les lions malgré le fait qu’ils soient tyranniques. Les représentants de chaque espèce a en effet la responsabilité de sa tribu et se révolter contre les lions n’est pas sans conséquence. Chaque personnage du manga a un fort impact sur l’histoire et sur la vision du règne animal. Chacun a son rôle et son importance. On comprend les motivations de chaque espèce, que ce soit celle de Buena qui veut se sauver du joug de la tribu royale ou bien des lions qui profitent de leur puissance pour pouvoir atteindre un stade supérieur dans l’humanisation et ainsi ne plus manger pour survivre mais manger par plaisir.

Des dessins impactants

Les dessins sont époustouflants et pourvu d’un réalisme extraordinaire ! Seuls la bipédie et les yeux font penser aux hommes. Le trait est fort, détaillé et rempli d’émotions. Les pages sont dynamiques, il n’y a pas de de case vide mais ce n’est pas non plus surchargé, c’est dosé parfaitement !

En conclusion, l’histoire nous propose une critique de la société très intéressante à travers le règne animal. Rien n’est superflu dans l’histoire, tout est important et à sa place. Je vous conseille très fortement de vous procurer cette merveille !

Les royaumes carnivores

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